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Arts visuels

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Les arts visuels constituent un domaine artistique englobant de nombreux champs d’activités et sont enseignés à l’école au lycée pour offrir à tous les élèves une éducation artistique et culturelle riche et variée. Pour les élèves souffrant de maladie chronique invalidante, cet enseignement offre des modes d’expression multiples, un espace d’épanouissement de l’imaginaire et de multiples occasions d’appropriation de leur environnement, éléments répondant bien à certains de leurs besoins éducatifs particuliers.

Les répercussions des maladies sur la scolarisation peuvent entraîner des besoins éducatifs particuliers (BEP). Pour l'école, il s'agit en premier lieu de faciliter l'accès aux apprentissages pour les élèves, qu'ils soient, malades ou non, en mettant en oeuvre des pratiques bénéfiques à tous. Mais pour certains jeunes malades, des aménagements spécifiques doivent être réalisés, concernant la vie scolaire et/ou les temps de classe. Il s’agit de leur permettre d'apprendre au mieux de leurs capacités, dans un contexte favorable et grâce à des adaptations pédagogiques individuelles ou au sein de petits groupes.

 

L’enseignement des arts visuels

Ce domaine artistique[1][2] [3], comprend les arts plastiques (dessin, peinture, assemblage, collage, modelage, sculpture, gravure…) auxquels s’ajoutent le design, les arts décoratifs, l’architecture et le patrimoine, mais aussi la photographie (analogique et numérique), la vidéo et les arts numériques (images fixes et mobiles). Les élèves avec une maladie chronique, qu’ils soient dans un établissement sanitaire ou à l’école ordinaire, peuvent, selon leur disponibilité et leurs possibilités motrices et physiques, profiter pleinement de cet enseignement. Son champ de référence prend en compte les évolutions culturelles, pour construire chez les élèves les bases d’une éducation du regard qui s’articule avec d’autres champs de connaissances. L’utilisation des nouvelles technologies ouvre les élèves à des processus créatifs innovants, mais leur donne aussi accès aux œuvres, aux lieux et aux artistes (images d’œuvres, vidéos d’artistes, annonces d’évènements culturels, visites virtuelles de musées…). Quel que soit son lieu de scolarisation, l’élève malade est ainsi en mesure, grâce aux ressources numériques ou multimédias, d’être créateur, visiteur de musée ou journaliste interviewant un artiste.

Cet enseignement s’inscrit dans l’éducation artistique et culturelle[4]. Afin d’« éveiller la curiosité intellectuelle des élèves » et d’« enrichir leur culture personnelle », trois objectifs sont visés : la construction d’une culture riche et cohérente, le développement d’une pratique artistique et la rencontre directe des élèves avec les œuvres, les artistes et les lieux culturels. Il s'agit de développer l'expression créatrice, d'éduquer le regard et de favoriser un enrichissement culturel. Les pratiques artistiques sont complétées d’un enseignement d’histoire des arts, auquel des professeurs de différentes disciplines contribuent, reliant les œuvres à divers domaines artistiques et périodes historiques. Enfin, la possibilité de mettre en place des parcours « d'éducation artistique et culturelle » répond au souhait citoyen de « viser un égal accès de tous les jeunes à l'art et à la culture »[5]. Ces parcours s’appuient sur les enseignements artistiques des premier et second degrés, sur les ressources des territoires et se construisent en complémentarité des « temps scolaire, périscolaire et extrascolaire »[6]. Ainsi, les parcours scolaires et les liens entre les disciplines permettent de construire chez les élèves malades une éducation artistique aux composantes multiples et variées, de qualité, ce qui peut compenser les ruptures scolaires conséquentes de la maladie.

L’école maternelle[7] propose à l’élève « une première sensibilisation artistique » au travers d’ « activités visuelles et tactiles, auditives et vocales » qui « sollicitent son imagination et enrichissent ses connaissances et ses capacités d’expression ». Les activités « de dessin et de compositions plastiques […] moyens d’expression privilégiés » amènent les élèves à éprouver des émotions et acquérir des « repères dans l’univers de la création ». Comme les autres, les élèves avec une maladie chronique trouvent un bénéfice important à dessiner, développer leurs perceptions sensorielles et à exprimer des émotions. A l’école élémentaire[8], le développement de la sensibilité et des capacités d’expression de l’élève se poursuit. Au cycle des apprentissages fondamentaux, l’enseignement des arts visuels propose une pratique « de l’expression plastique, du dessin et la réalisation d’images fixes ou mobiles ». Mobilisant des « techniques traditionnelles ou contemporaines », les créations variées dans les procédures, les gestes, les médiums ou les supports stimulent aussi l'expression orale des élèves concernant leurs perceptions. Ces temps de verbalisation relatifs aux créations sont pour les élèves malades des moments souvent importants, où ils peuvent profiter des ressentis de leurs pairs, sans pour autant se sentir obligés de dévoiler leurs émotions. Au cycle des approfondissements, l’enseignement des arts visuels approfondit la pratique engagée au cycle précédent, favorisant « l’expression et la création » et l’acquisition de « savoirs et de techniques spécifiques ». Il « amène progressivement » l’élève à appréhender la notion d’œuvre d’art et à faire la différence entre « la valeur d’usage » et « la valeur esthétique des objets étudiés ». Complétant cette « première rencontre sensible avec des œuvres » à l’école maternelle et au cycle des apprentissages fondamentaux, l’histoire des arts permet la construction de « références culturelles ». En présentant, au cycle des approfondissements, des œuvres en lien avec une époque, un lieu géographique, une forme d’expression (dessin, peinture, sculpture, architecture, arts appliqués, musique, danse, cinéma), une technique (huile sur toile, gravure...) ou une « activité créatrice vivante », cet enseignement offre aux élèves malades de nouvelles occasions de relier les différents enseignements dont ils bénéficient, même s’ils subissent des interruptions dans leur scolarité. La découverte d’espaces culturels variés, complète l’éducation artistique[9] tout au long de leur scolarité primaire. Ces découvertes peuvent se faire à l’occasion de sorties scolaires ou lors de visites virtuelles d’expositions ou de musées, selon l’état de santé des élèves.

Au collège[10], l’enseignement artistique s’enrichit d’apports « techniques, culturels, conceptuels et méthodologiques », dans la continuité de celui mis en œuvre à l’école primaire. Les élèves sont engagés à « choisir et développer leurs propres moyens d’expression », par l’exploration et l’expérimentation de pratiques diverses. Les professeurs favorisent les contacts directs et variés avec les œuvres et les artistes, tout en profitant des accès facilités par les technologies de l’information et de la communication, là encore ressources particulièrement intéressantes  pour les élèves malades. En seconde au lycée[11], les enseignements artistiques sont inclus dans les enseignements d’exploration et comprennent les arts plastiques, les arts du son, les arts du spectacle et les patrimoines. Ils deviennent facultatifs en première ou terminale, ou sont inscrits dans des spécialités des séries littéraires et regroupent les arts plastiques, le cinéma-audiovisuel, la danse, l’histoire des arts, la musique et le théâtre. Ainsi, jusqu’à la fin de la scolarité, ces enseignements poursuivent les mêmes objectifs de rendre tous les élèves créateurs et contribuent à construire une culture artistique riche et diverse.

Un ensemble varié de situations d’apprentissage est nécessaire, dans lesquelles les contextes et les cadres doivent être propices « à la recherche de réponses » visuelles ou plastiques riches et multiples et les élèves s’approprient aussi peu à peu « un ensemble de connaissances induites par l'enseignement obligatoire d'histoire des arts »[12].

 

Intérêt des arts visuels pour les élèves malades

Une posture créatrice au sein d’une démarche particulière

Les arts visuels placent d’abord l’élève dans une posture de création et, comme dans toutes les activités artistiques, proposent un mode diversifié d’expression personnelle. Ils permettent des temps de pratique qui tendent vers l’expression créatrice de chacun[13] [14]. L’objectif premier des arts visuels « reste l’invention et l’expression personnelle ». Les activités proposées par les enseignants ont d’abord comme but de « donner à [l’élève] les moyens de développer son pouvoir d’expression ». Le choix des supports, des matières, des couleurs ou encore des techniques sont autant de façons d’exprimer une émotion, une idée, un message, quelle que soit la consigne donnée par le professeur... Ainsi, en réponse à une consigne telle que «représente le Soleil » la gouache, l’encre ou la pâte à modeler peuvent être choisis[15].

La pratique artistique induit une démarche particulière d’exploration où l’élève est placé dans une véritable conduite créatrice qui s’inscrit dans un projet[16]. En effet, même si l’enfant « élabore des formes, transforme, organise et s’approprie son environnement » dès son plus jeune âge, il a besoin d’élargir ses possibilités créatrices et de ne pas s’enfermer dans un seul mode d’expression plastique. Les élèves souffrant de maladie chronique souvent n'ont pas autant que leurs camarades la possibilité de dessiner ou de s’approprier leur environnement, en raison de soins qui les entravent, d'une grande fatigabilité, voire d'une grande faiblesse, ou d’absences répétées. Il est donc nécessaire qu’ils profitent d’un apprentissage dans ce domaine. La démarche de création se caractérise par « des mises en relation et par des confrontations de procédés plastiques, d’œuvres d’art, d’images »[17]. L’enseignant met en place des situations pédagogiques dans lesquelles l’élève est amené à une « recherche active permettant l’expression d’une pensée singulière et divergente ». Il se trouve confronté à « une série de dualités apparemment contradictoires : liberté/contrainte, affranchir/encadrer, pertinence/impertinence, entre lesquelles il effectue des va-et-vient »[18], comme un artiste face à son travail, dans un juste équilibre où il peut faire des choix tout en respectant une consigne et une durée déterminées. Les élèves malades peuvent ne pas oser faire (par peur de mal faire, par manque d’habitude à choisir par eux-mêmes, par manque d’expériences sensorielles ou artistiques). Pourtant c'est ainsi que chaque élève peut « prendre conscience de ses potentialités, de sa singularité et […] construire son identité. ».

Des contraintes sources de création et de plaisir

Alors que les élèves malades vivent dans un quotidien envahi de contraintes médicales ou de santé qui les limitent dans leurs actions et leurs choix et entraînent inquiétudes ou douleurs, les arts visuels vont au contraire les placer dans des situations de contraintes qui développent leur imaginaire, leur permettent de créer librement des objets artistiques et être sources d’apprentissage et de plaisir. Lors d’une séance d’arts visuels, la contrainte « accompagne la sollicitation […] la complète pour construire des questions génératrices d’apprentissages. Elle définit les paramètres opératoires » [19] et conduit l’élève à se confronter à une consigne déstabilisante qui l’oblige à explorer différentes solutions, à faire des choix et à construire un projet personnel. Les consignes sont implicites (liées à l’expression comme « vous montrerez la course mais pas les coureurs », aux supports comme « utiliser le matériel à votre disposition dans la classe », …) ou explicites (liées au matériel comme « prenez les sanguines ou les fusains », au temps comme « vous disposez de trois séances », aux modalités de travail comme « vous travaillerez en binôme », …). La contrainte est conçue par l’enseignant pour que l’élève « puisse envisager des réponses variées »[20] et apprenne de nouveaux modes d’expression artistique.

Imaginer et s’exprimer

Les élèves malades côtoient des espaces médicaux où la santé prime. Les discours sont précis, explicatifs et en rapport avec un réel qui les fait souffrir ou qui les inquiète. Nulle place pour l’imagination ou la fantaisie… Beaucoup des paroles qui les entourent et beaucoup de documents ou d'images qui leur sont présentés sont liés à la maladie et aux soins dont ils bénéficient. Les arts visuels peuvent alors leur ouvrir une fenêtre et leur donner la possibilité de s’évader d’un quotidien douloureux ou inquiétant en le transformant et en créant, par des modes d’expression différents, des objets artistiques. Par exemple, une activité sur les « déchirures créatives » au collège peut amener des élèves malades à exprimer leur douleur en la transposant sur le papier.[21][22]

Les élèves souffrant de maladie chronique se sentent souvent « différents » et ne trouvent pas toujours une place à leur mesure pour exprimer leurs ressentis, leurs envies ou leurs désirs. Les pratiques d’arts visuels sont ainsi complétées de moments où les élèves sont incités à verbaliser leur ressenti, leur permettant d’acquérir peu à peu analyse et distanciation. A travers la création d’un objet artistique plastique ou visuel, dans lequel ils auront pu exprimer ou « déposer » leur peine, leurs doutes, leur souffrance ou leurs espoirs, les élèves malades peuvent parfois s’alléger et prendre de la distance avec leur quotidien. Ils enrichissent alors leurs connaissances, tout en prenant « plaisir à faire et à inventer ». Ils peuvent développer leur imaginaire et oublier les contraintes de la maladie. Les activités artistiques sollicitent l’imagination en conduisant les élèves à « exercer leur créativité et leurs aptitudes artistiques ». Les sensations tactiles et les traces laissées par différents médiums (comme la craie, la peinture à l’huile ou le fusain), la transformation de matières pour en extraire un nouvel esthétisme (par le modelage, la sculpture ou le moulage), la déformation d’images ou la création d’un film sont autant d’occasions de se plonger dans un autre monde ou espace, une parenthèse de liberté créatrice, d’invention et d’épanouissement. Les élèves peuvent alors sortir de leur quotidien ou agir sur lui en le transformant soit physiquement, soit via des images.

Un environnement dépassé et transformé

La maladie et les soins qui lui sont nécessaires situent l’existence de l’élève dans des espaces matériels scientifiques, bien loin de l’éclectisme des œuvres plastiques ou visuelles telles que des tableaux d’huile ou d’aquarelle, des sculptures de marbre antiques ou modernes en métal, des images virtuelles numériques… où la fantaisie, l’imaginaire et l’invention sont rois. Les images du monde médical, dessins, schémas, photos ou représentations en 3D, n’ont qu’un rôle explicatif, descriptif et sont même parfois vécus comme intrusifs. Elles cherchent à montrer le réel, à s’en approcher le plus possible. Elles doivent donner à tous une représentation la plus fidèle possible, en vue d’une analyse et du choix d’un traitement adéquat. Les arts visuels permettent à l’élève de créer des dessins, images ou réalisations en volume qui s’échappent du réel et de ses impératifs. L’assemblage de différents objets peut, par exemple, lui permettre de se les approprier et de créer une sculpture artistique qui les détourne de leur usage premier.

Par ailleurs, les espaces à l’hôpital sont limités, plaçant le jeune malade dans des lieux clos (dans une chambre, un service ou une salle de soins). Comme la maladie, les volumes de soins enferment l’élève. Au contraire la notion d’espace travaillée en arts plastiques ou visuels implique invention et liberté, c'est ainsi une notion qui ouvre sur le monde et l’imaginaire.

Un enseignement source de continuité et de liens

Les programmes mettent en avant le choix de s’inscrire dans la durée et la continuité : « Le parcours d’éducation artistique et culturelle accompli par chaque élève se construit de l’école primaire au lycée »[23] et les liens dans les objectifs poursuivis sont clairement explicités dans les références réglementaires. Cette permanence des objectifs peut être un fil conducteur pour les études des élèves avec une maladie chronique, qui retrouvent ainsi un cadre connu et sécurisant, bien que multiple et varié dans ses contenus d’apprentissage et dans la diversité des artistes et œuvres rencontrés.

Le parcours conseillé par les textes[24] peut ainsi éviter aux élèves malades de se retrouver isolés : il doit permettre « de valoriser les activités auxquelles il (l’élève) prend part », que ce soit à l’intérieur de l’école « en mobilisant élèves, enseignants et parents autour de projets artistiques et culturels » ou à l’extérieur « y compris en dehors de l’école ». Cela donne aux élèves souffrant de maladie chronique la possibilité d’être en contact avec une diversité de personnes, le parcours artistique et culturel favorisant « un partenariat avec l’ensemble des acteurs du territoire : équipes éducatives, opérateurs culturels, collectivités territoriales, milieu associatif, etc. », dans des temps différents : « Le parcours d’éducation artistique et culturel accompli par chaque élève se construit […] dans la complémentarité des temps scolaire et périscolaire d’une part, des enseignements et des actions éducatives d’autre part. »[25]. Les élèves peuvent ainsi mieux partager les activités dans lesquelles ils sont investis et profiter plus largement des ressources de leur environnement, le parcours encourageant « une plus grande ouverture des écoles et des établissements scolaires sur leur environnement culturel proche. » C’est donc pour les élèves malades la possibilité de conserver du lien dans les contenus, mais aussi avec les personnes, dans des temporalités variées qui s’ajustent plus aisément à celles de leur maladie. Ils font partie d’une communauté en s’imprégnant des œuvres et de l’histoire des arts qui « aide les élèves à se situer parmi les productions artistiques de l’humanité et les différentes cultures considérées dans le temps et dans l’espace. »[26].

 

Propositions pédagogiques et points de vigilance

Le carnet de dessin

L’activité la plus couramment réalisée par les enfants spontanément est le dessin. Les arts visuels, dont le premier objectif est de pratiquer, proposent aux élèves de dessiner[27]. Cette activité familière et courante dans et hors de l’institution, préconisée par les programmes scolaires, peut devenir l’occasion de relier les différents lieux de vie de des élèves malades. L’utilisation d’un carnet de dessin[28] que les élèves remplissent au gré de leurs envies établit des liens entre leurs espaces de vie. Objet transporté partout et utilisé comme espace de liberté en particulier dans des moments d’attente ou d’immobilité liés aux soins, le carnet de dessin a de multiples intérêts : support d’évasion, mémoire d’une idée ou d’une observation, espace de test d’une technique ou d’un médium, future base d’une réalisation plastique, il peut aussi servir de fil conducteur d’un projet en arts visuels. Et ainsi que le conseillait Léonard de Vinci : « Tu noteras des signes brefs sur un petit carnet que tu dois, sans cesse, porter sur toi […] car les formes sont en nombre si infini que la mémoire n’est pas capable de toutes les retenir ».

Le musée de classe[29] et les collections[30]

Les programmes scolaires préconisent la constitution d’un « musée de classe » ou d’un « musée d’école ». Il peut comprendre un « magasin de curiosités » ou « cabinet des merveilles » dans lequel seront regroupés les collections d’objets autour d’un thème, une « réserve d’images » (images, photographies, cartes postales,..) représentant ou évoquant des sujets choisis, un « musée imaginaire » rassemblant des reproductions d’œuvres d’art. Prenant en compte le goût de l’enfant de collectionner, le « musée de la classe » peut établir une relation entre ce que l’élève affectionne, rassemble et conserve et les productions artistiques qui lui sont demandées. Il peut ainsi être un espace de partage des intérêts de chacun, de participation commune aux collections et d’enrichissement culturel. C’est un lieu où les jeunes souffrant d’une maladie chronique peuvent apporter des objets qui les intéressent et avoir un fort sentiment d’appartenance au groupe. Leur quotidien dans d’autres espaces que celui de l’école peut leur donner l’occasion d’enrichir les collections d’objets peu courants et d'être mis en valeur par leurs pairs.

Les ressources numériques

Les ressources numériques offrent de multiples outils de création visuelle en deux ou trois dimensions, par le biais de logiciels (ou d’applications pour tablettes tactiles) de dessin ou de création ou de transformation d’images[31]. Elles permettent aux élèves malades, où qu’ils se trouvent, (dans un espace stérile comme en centre de soins ou à l’école) de réaliser des productions artistiques visuelles[32]. Elles sont aussi un formidable portail d’accès aux œuvres et aux espaces culturels. Qu’ils soient alités, sans les forces nécessaires pour une visite ou en convalescence, les élèves peuvent se déplacer virtuellement[33] [34] pour découvrir des œuvres ou visiter une exposition. Enfin, l’internet donne la possibilité de partager des projets artistiques[35], où qu’ils se situent dans le monde[36], transmettre aussi ses propres créations[37], ou proposer ses propres projets. A travers « la toile », de nombreux établissements scolaires font ainsi partager[38] leurs expositions artistiques.

Quelques points de vigilance

L’enseignement des arts visuels conduit les élèves à s’exprimer sur leurs réalisations, à faire partager leurs choix artistiques et à analyser les créations, en tenant compte des consignes données. L’enseignant doit rester attentif à la régulation des échanges au sein de la classe. En effet, les élèves souffrant de maladie chronique peuvent se trouver en difficulté lors de ces temps de verbalisation, d’expression de ses choix plastiques devant les autres.

Dans le cadre de l’organisation des visites d’espaces culturels ou de rencontre d’artistes dans leur atelier, il faut tenir compte du fait que des élèves malades peuvent être très fatigables. Veiller alors à des temps de pause et au confort de leur installation pendant la visite (Voir les fiches sorties scolaires : préparation et sorties scolaires : le déroulement). Enfin, certains élèves peuvent être sensibles à certains produits ou matières.

 

Conclusion

La pratique des arts visuels pour les élèves malades peut largement contribuer à leur épanouissement. Cet aspect doit être pris en compte dans la construction des projets pédagogiques et l'élaboration des emplois du temps scolaires. Il est important de ne pas privilégier de façon trop systématique les temps d'enseignement dévolus au français et aux mathématiques au détriment d'autres disciplines comme les arts visuels, quand le temps scolaire est réduit par la maladie et les prises en charge thérapeutiques.




[1] Document d’application des programmes : http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/visuels-docap.pdf

[3] Clg Gassendi, vocabulaire et définitions arts visuels : http://www.clg-gassendi.ac-aix-marseille.fr/spip/spip.php?article485

[4] Site du ministère, l’éducation artistique et culturelle : http://www.education.gouv.fr/cid20725/l-education-artistique-et-culturelle.html

[5] Cir 2013-073, Le parcours d'éducation artistique et culturelle : http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=71673

[6] Site du ministère, l’éducation artistique et culturelle : http://www.education.gouv.fr/cid20725/l-education-artistique-et-culturelle.html

[7] BO Hors série n°3 du 19 juillet 2008 programme de maternelle : http://www.education.gouv.fr/bo/2008/hs3/programme_maternelle.htm

[9] BO Hors série n°3 du 19 juillet 2008 programmes scolaires :  http://www.education.gouv.fr/bo/2008/hs3/default.htm

[16] Encourager l’engagement des élèves malades dans des projets pédagogiques : http://www.tousalecole.fr/content/projets-p%C3%A9dagogiques

[23] Site du ministère, l’éducation artistique et culturelle : http://www.education.gouv.fr/cid20725/l-education-artistique-et-culturelle.html

[24] Idem

[25]Idem

[26] BO Hors série n° 3 du 19 juillet 2008 programmes scolaires :  http://www.education.gouv.fr/bo/2008/hs3/default.htm

[27] Document d’application des programmes : http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/visuels-docap.pdf

[28]Académie de Toulouse, CP Groupe sud Cahors, le carnet de dessin

 

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Liens 

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