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Rythmes scolaires

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L'organisation du temps scolaire fait l'objet d'une préoccupation majeure des politiques éducatives de l'Education nationale tant son impact sur les apprentissages et la qualité de vie des élèves à l'école est important (Voir le Décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013 relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires).

Dans le cadre de la scolarisation en milieu ordinaire des élèves atteints de maladies chroniques invalidantes cette question est au cœur de la mise en accessibilité et de l'inclusion. L'adaptation pédagogique aux besoins éducatifs particuliers des élèves atteints de maladies invalidantes demande de penser de façon globale l'accueil de l'élève malade et l'aménagement de sa scolarité et de son parcours de formation. Aussi une attention toute particulière doit-elle être portée à deux dimensions essentielles de l'apprentissage que sont le rythme scolaire et le temps d'enseignement.

- Le rythme soclaire est déterminé par les horaires journaliers d'une part et les périodes alternant jours de classe et vacances scolaires d'autre part.
- Le temps d'apprentissage correspond au temps d'enseignement proprement dit. Peut s'y ajouter le temps consacré aux activités périscolaires.

Voir "Réforme des rythmes scolaires" sur le site Eduscol.

Pour des élèves fatigables et scolarisés en pointillés comme le sont, en règle générale, les élèves malades, ces deux dimensions, rythmes scolaires et temps d'enseignement, doivent être pris en compte dès le début de la scolarité et régulièrement réexaminées en fonction de l'évolution de la santé du jeune. Leur aménagement est en effet un facteur de réussite aussi important que la présence d'une AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap), l'utilisation d'ordinateur ou la mise en oeuvre d'adaptations didactiques car il conditionne au même titre que ces éléments de compensation, la disponiblilité aux apprentissages.

 

Pourquoi et dans quels cas aménager rythme scolaire et temps d’enseignement ?

Si la question de l'économie des rythmes scolaires et du temps d'enseignement est une question essentielle sur le plan pédagogique pour tous les élèves, elle s'avère fondamentale quand il s'agit d'élèves souffrant de maladies chroniques invalidantes. Leur scolarisation, en effet, présente souvent les caractéristiques suivantes qui peuvent amoindrir leur disponibilité pour les apprentissages :

- des absences répétées (dues aux soins)
- une fatigabilité importante (imputable à leur pathologie et/ou aux traitements qui leur sont administrés ou encore aux soins et aux rééducations quotidiennes fatigantes.

 

Fatigue et fatigabilité

On doit distinguer la fatigue de la fatigabilité. Si la fatigue est occasionnelle et conjoncturelle, c'est-à-dire liée à des circonstances et des types d'activités reconnus comme coûteux en énergie, la fatigabilité est, elle, un état permanent consécutif à des troubles et qui ne peut pas toujours être mis en relation avec des efforts visibles. On a coutume à cet égard de comparer certaines personnes malades et/ou en situation de handicap à des athlètes de haut niveau : le quotidien pour beaucoup relève de l'exploit physique. La fatigabilité pour certains élèves constitue une véritable limitation à l'activité et à la participation à la vie scolaire. Cette fatigabilité peut être physique et cognitive. Il faut donc que les acteurs de la communauté scolaire en aient conscience afin de réduire au maximum les conséquences de cet état.

Cette fatigabilité très fréquente, associée à un contexte où les occasions de fatigues sont multiples (nombreux soins, rééducations, manque de sommeil...) affecte la plupart des élèves malades et peut se traduire par exemple par des endormissements en classe, des difficultés à maintenir son attention, une démotivation apparente, une tendance à la distraction. (Voir la fiche « Fatigue »)

Des aménagements du rythme scolaire et des temps d’enseignement sont nécessaires dans les cas suivants (Cette liste n’est pas exhaustive).

- Pour préparer une absence annoncée (hospitalisation, rééducation, intervention chirurgicale): on peut faire travailler l’élève à l'avance selon des modalités individualisées des notions qui vont être abordées ultérieurement en classe ;

- Pour réduire les effets d'une absence, prévue ou non : des heures de rattrapage peuvent être envisagées ;

- Pour pallier la fatigabilité (maladies chroniques, traitements, interventions… )

- Pour limiter les conséquences de la lenteur d'exécution, en cas de dyspraxie par exemple.

- Pour prendre en compte les troubles psychologiques comme l'anxiété, l'angoisse ou la dépression souvent associés à l'annonce du diagnostic, en cas de maladies létales notamment ou d’hospitalisations et interventions ;

- Pour tenir compte des autres contextes de vie de l'élève : pour favoriser la prise en charge rééducative ou tenir compte des conséquences en termes de fatigue d'une prise en charge, de déplacement ou encore des conséquences d’une intervention médicale même bénigne.  

 

Qu'est-ce qu'aménager le rythme scolaire ?

Il s'agit pour l'ensemble de l'équipe éducative, sous l'impulsion et la responsabilité du chef d'établissement, d'organiser l'emploi du temps de l'élève de manière individualisée (en cohérence avec les préconisations inscrites dans le PAI ou le PPS, quand ils existent). Cette organisation doit pouvoir répondre à l'exigence de continuité du parcours de scolarité d'un élève que la maladie met en rupture d'école, tant du point de vue de la présence en classe que de la disponibilité pour étudier et apprendre.

Le temps scolaire hebdomadaire, mensuel ou annuel concerne à la fois :

- les temps d'enseignement proprement dit (introduction de notions nouvelles, exercices d'appropriation, évaluations),
- les temps d'apprentissage (études dirigées, heures de permanence ou de soutien),
- les temps prériscolaire comme celui des récréations, des arteliers périscolaires, de la cantine, ainsi que les temps de transports.

 

Un certain nombre de ces aménagements sont prévus dans le cadre du PPS ou du PAI de l'élève : ainsi il peut être envisagé une présence scolaire à temps complet ou partiel selon une quotité précise. Des moments de repos dans la journée ou la semaine peuvent être préconisés. De même on peut envisager, de façon formalisée et contractuelle un allongement de cycle, la préparation d'un diplôme sur un nombre d'années majoré (BEP en 3 ans par exemple).

En l'absence d'existence ou de formalisation de ces projets, il faut néanmoins penser l'ensemble de ces moments du temps scolaire pour les articuler le mieux possible aux besoins de l'enfant ou de l'adolescent. Si le PPS est en cours d'élaboration, il convient de contacter l'enseignant référent qui suit le dossier de l'élève. L'objectif est bien d'adapter le temps scolaire aux possibilités d'apprentissage et de vie sociale de l'élève selon l'évolution de son état de santé.

L'aménagement du rythme scolaire ne s'impose pas toujours et pas forcément de façon durable. Par exemple un élève revenu d'une hospitalisation peut récupérer des forces plus vite que prévu et être capable ou demandeur d'une présence à l'école plus importante avec des plages d'enseignement plus nombreuses. Cet aménagement doit donc être pensé comme évolutif. D'ailleurs l’aménagement du rythme scolaire ne signifie pas systématiquement « allègement » du temps scolaire. En fonction des besoins de l'élève, on peut par exemple maintenir une quotité horaire à l'école, au collège ou au lycée complète mais prévoir des heures de soutien en lieu et place de cours collectifs. Aménager le temps scolaire consiste alors à proposer des modes pédagogiques alternatifs. On peut ainsi proposer par exemple à l'élève des plages de repos, l'intégrer à des activités ludiques en autonomie au CDI... On peut décider selon le profil scolaire de l'élève de renforcer pendant une période donnée les horaires dans certaines disciplines moins coûteuses en énergie cognitive ou physique, ou privilégier les disciplines où l'élève se sent le plus à l'aise.

 

Qu'est-ce qu'aménager le temps d'enseignement ?

Le principe consiste à organiser le temps d'enseignement dans et hors la classe et à distinguer le temps d'enseignement du temps d'apprentissage.

Le choix des tâches proposées par l'enseignant doit être dicté par le type d'opérations cognitives sollicitées ; certaines sont moins coûteuses que d'autres selon les élèves : encoder, décoder, recopier, rédiger ou non, argumenter. En fonction des périodes l'élève peut avoir plus ou moins de difficulté à accomplir ces opérations.

Par ailleurs l'enseignement doit être pensé selon toutes les modalités pédagogiques possibles ; il peut être dispensé en « présentiel » mais également à distance (avec l'intervention du Sapad à domicile par exemple) après une hospitalisation ou quand la fatigue de l'élève est trop importante ; on peut faire parvenir les cours à l'élève en ligne, par photocopie. Dans certains cas le recours à des moyens techniques comme la visio-conférence peut être précieux.

Quand l'élève peut assister aux cours, il convient de choisir les moments de la journée où il est le plus disponible (le matin, à distance des traitements) pour introduire des notions nouvelles. On peut prévoir du temps supplémentaire pour les exercices ou les faire faire en dehors des cours avec l'AVS /AESH ou un assistant d'éducation en étude surveillée. Il en va de même pour les évaluations qui doivent constituer un entraînement à la situation d'examen et permettre à l'élève d'apprendre par exemple à utiliser l'aide d'un secrétaire.

La circulaire n° 2015-127 du 3-8-2015 relative aux examens et concours de l'enseignement scolaire et à leur organisation pour les candidats présentant un handicap ainsi que l'ensemble des textes parus en 2015 précisant les conditions de passation des examens se situent dans cette perspective et constituent une réponse en aval à des besoins qui doivent avoir été anticipés lors de la scolarisation. Avec l'obtention du tiers temps par exemple, c'est bien la lenteur d'exécution ou /et la fatigabilité consécutive à la pathologie que le législateur veut compenser. Il convient que l'école, elle aussi, prenne en compte ces difficultés avant l'heure des examens.

Il peut être également nécessaire de redistribuer l'emploi du temps en privilégiant des plages horaires où l'élève est plus disponible.

Le travail de groupe (en binôme par exemple) peut être un bon moyen à la fois de stimuler et reposer l'élève par la répartition des tâches qu'il permet (l'un écrit, l'autre corrige) et aussi de le conduire à « travailler » des compétences relationnelles, sociales, affectives, qu'il a aussi besoin de développer dans l'optique d'un projet d'avenir plus global. On constate que cette organisation, parfois difficile à mettre en œuvre, s'avère souvent bénéfique au reste de la classe et ne constitue pas un frein pour la progression du groupe.

 

Quelques éléments de réflexion pour la mise en place des aménagements et adaptations

L'organisation du temps

L’organisation du temps se décline selon différentes approches : l'organisation des séances d'apprentissage, l’organisation de la journée, celle de la semaine. Celle de l’année existe aussi mais dépend de paramètres liés à des choix pédagogiques institutionnels qui engagent la responsabilité de tous les partenaires dans le cadre d'un projet de type PPS ou PAI (cf. plus haut).

L’organisation du temps dans la journée de classe devrait le plus possible dépendre des réponses à la question : « Quelles sont les périodes les plus propices à l’apprentissage ? ».  Il y a des réponses connues, valables pour tout élève. Par exemple les heures de fin de matinée et de début d’après-midi sont des moments peu propices à l’apprentissage de notions ardues. La prise en compte des moments de traitement, de rééducation est nécessaire, soit pour les rendre possibles, soit pour adapter le travail demandé : un enfant fatigué ne pourra pas toujours être disponible à un apprentissage fondamental. Enfin l’inclusion régulière d’un élève malade dans une classe « ordinaire » devrait, dans une certaine mesure, impliquer un aménagement du « temps » de la classe ordinaire. On peut par exemple prévoir les moments forts de la vie de la classe, sorties, projet pédagogique collectif sur des créneaux où l’on sait que l’élève est a priori présent (il n’a pas de soins à ce moment-là, n’est pas prévu pour une hospitalisation) afin qu’il garde toute sa place au sein du groupe. Les heures où l’élève est le moins fatigué peuvent être consacrées aux acquisitions de nouvelles notions, aux « contrôles » scolaires.

L’organisation du temps dans la semaine dépend beaucoup de l’organisation de l’école, du collège ou du lycée. Il est important de favoriser les temps de décloisonnement entre plusieurs classes — une Ulis école et des classes du cycle 2 par exemple, des classes d’un même niveau scolarisant des élèves malades — pour organiser des groupes de besoins ou des groupes d’apprentissage (centrés sur un contenu disciplinaire, par exemple, sur lequel certains élèves malades ou non, ont besoin de structurer leurs connaissances). Il y a des créneaux dans la semaine qui sont « sensibles » du point de vue de la fatigue et de l’énervement : le vendredi après-midi est connu, le lundi après-midi est parfois tout aussi difficile : un travail en petit groupe est à privilégier dans ce cas, en particulier pour ce type d'élèves.

 

Quelques pistes pédagogiques

Afficher l'emploi du temps de la journée, décliné en emplois du temps individuels pour tous les élèves « sortant » de la classe pour une rééducation, une inclusion, un décloisonnement.

Préciser les objectifs des activités. Cela oblige à envisager de quelle façon on les présente clairement, de façon accessible, à chaque élève. L’annonce en grand groupe de ces objectifs (Tout le groupe de l'Ulis ou toute la classe dans le cas d’une scolarisation en classe ordinaire) offre l’avantage de travailler concrètement le repérage dans le temps d’élèves obligés de gérer des emplois du temps complexes.

Pratiquer des alternances entre des activités de différentes natures :

alterner les activités orales et écrites ;
- alterner les activités de "manupulation" (calcul avec du matériel, jeux de lecture sur ordinateur) et celles faisant appel à l'abstraction (résolution de problème, découverte d'un texte, etc.).

 

Distinguer des « temps forts » et des « temps faibles » dans les activités d’apprentissage. Les « temps forts » sont ceux où on découvre de nouvelles notions, où les tâches proposées supposent un coût cognitif important comme la production d'écrits, l'analyse de textes par exemple. Les « temps faibles » supposent des tâches qui sollicitent moins d'effort et de concentration comme le fait de recopier, de faire des exercices sous forme de jeux, la reprise de mots ou de calculs sous forme de jeux d’entraînements. Ce ne sont pas des activités mineures : le fait de réviser, de répéter ainsi que la détente participent à l’efficacité de l’apprentissage. Leur place dans l’organisation de la journée est importante. Placer les « temps faibles » en fin de matinée et début d’après-midi semble la plupart du temps judicieux. Mais en fonction des pathologies et de leurs répercussions, il peut s'agir au contraire de privilégier d'autres créneaux horaires (certains soins comme la dialyse génèrent une grande fatigue qui persiste plusieurs heures après les séances. Il est souhaitable par exemple de ne pas faire passer à l'élève des évaluations le jour-même de la séance de dialyse).

Proposer des séances d'apprentissage courtes : privilégier des séances de travail courtes mais fréquentes. Ces temps brefs permettent de tenir l’attention de l’élève en éveil et rien n’empêche en termes de différenciation d’ajouter un « module » supplémentaire à celui ou ceux qui en ont besoin.

Il est souhaitable de ritualiser ces temps de séances courtes, de les faire revenir régulièrement presque tous les jours. Cette régularité donnant des repères, rassure et allège l'effort d'adaptation de l'élève malade.

Proposer des temps de repos lors des temps d'enseignement : Permettre à l'élève malade quand il est particulièrement fatigué ou douloureux de pouvoir se mettre en retrait du groupe pour pratiquer une activité plus reposante, moins coûteuse sur le plan cognitif : par exemple lire ou feuilleter des albums dans le coin bibliothèque, écouter de la musique avec un casque, dessiner, ou encore finir un exercice sur l'ordinateur ou sur son cahier.

Miser sur la complémentarité des apprentissages dans le cadre de la collaboration avec d’autres professionnels peut renforcer l'acquisition. Par exemple un ergothérapeute peut travailler avec le traitement de texte et agir ainsi en lien avec l’enseignant qui insiste de son côté sur les aspects conceptuels de l’apprentissage de la lettre et de ses différentes graphies. 

Dialoguer avec l’élève et ses parents

Rencontrer régulièrement les parents permet d'améliorer les stratégies d'aménagement du temps d'apprentissage. Ces rencontres permettent de leur faire découvrir la classe, de comprendre les attentes de l’école et les enjeux de l’organisation proposée à l'élève ; elles offrent l’occasion d’affiner cette organisation si nécessaire. Des aménagements proposés par les parents peuvent permettre de réduire la « pression » et la fatigue qui pèsent sur ces élèves.

Le dialogue doit être également recherché avec les élèves eux-mêmes, en particulier les adolescents qui sont souvent les meilleurs experts de leur maladie et de ses conséquences.

Dans tous les cas une action concertée de l’équipe éducative s’impose, conformément aux préconisations des projets personnalisés, en lien avec l’enseignant référent, le médecin scolaire et l’équipe de suivi de la scolarisation.

21/06/2017


 

Liens 

Circulaire n° 2017-084 du 3-5-2017: Missions et activités des personnels chargés de l'accompagnement des élèves en situation de handicap

Dossier aménagements des examens pour les candidats en situation de handicap : Dossier INSHEA 

Circulaire n° 2015-127 du 3-8-2015 relative aux examens et concours de l'enseignement scolaire et à l'organisation pour les candidats présentant un handicap

Décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013 relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires

Réforme des rythmes scolaires

Vivre avec une maladie rare : aides et prestations pour les personnes atteintes de maladies rares et leurs proches (aidants familiaux/proches aidants) : ce Cahier Orphanet est un document qui a pour objectif d’informer les malades atteints de maladies rares ainsi que leurs proches de leurs droits et de les guider dans le système de soins.